Le pont est presque vide. Je pose mon
hamac dans les premiers, attache solidement mes affaires contre le vol et vaque à mes occupations dans la ville. Le bateau ne partira qu'à 5h de l'après midi. Je suis encore à mille lieues de
m'imaginer ce qui m'attendra en revenant sur le pont. La ville est digne d'une ville très locale, où les scooters, autres moto-taxis et rickshaws se faufilent dans tous les sens.
Au port, le sol est jonché de détritus en tout genre, on marche en tongues dans un mélange de boue, d'huile de moteur, d'arêtes de poissons et de sacs plastiques. L'heure approche, je
retourne sur le bateau qui a eu le temps de se charger. J'arrive sur le pont et là. . . Je ne reconnais plus rien. Mon hamac doit être quelque part par là. Une collection de hamacs collés les uns
aux autres décorent le pont. J'avance en passant sous les hamacs, en enjambant des poulets, je croise un chiot, entends un perroquet, vois un bébé singe... Je suis sur l'arche de Noé ! Du
premier étage nous parviennent des cris de cochons foncièrement mécontents.
Les menus sont assez diversifiés, du
riz, de la viande et des pâtes, ou du riz, des bananes et de la viande, ou bien du
riz des bananes et des pates... "Et le petit-déjeuner ?" Me
direz-vous, de la farine, du sucre dilués dans de l'eau où a cuit, je vous le donne en mille... du RIZ ! ! !
Ce séjour n'a pas pour but de voir des
animaux semi-domestiques, des tribus soit-disant sauvages, des plantes médicinales ou de profiter de la piscine d'un lodge. Non.
ses petits bras musclés. Elle fait le tour de ma ceinture abdominale
:-) alors qu'Israel, de façon très viril pousse des cris en essayant de me l'enlever avec un bâton en tapant de plus en plus fort... ("Mais pourquoi ai-je pris ce guide...?"). Après 2 tours
d'ArnO la mygale est toujours là et je refuse de l'emmener dans mon hamac... Je calme le "guide" et en douceur elle se laissera enlever. Pauvre bête.
Deux campements seront établis. Celui des guides et
plus loin le mien. En toute logique si un jaguar vient, il commencera par me dévorer avant d'attaquer le campement des guides. Je ne trouve cela que moyennement rassurant et reste donc
prudent. Je prends bien soin d'uriner tout autour de mon campement (vieux reflexe primaire). Je fais également un feu selon leur méthode, ce qui me permettra de faire sécher mes habits.
Bizarrement aucun animal ne vient :-), nous redescendons et
réussissons à parvenir au campement sans se prendre les pieds dans nos pièges (L'un deux nous aurait attrapé le pied et propulsé en haut d'un arbre en une seconde).
nous. De l'arche de Noé, j'ai l'impression d'être le
rescapé d'un navire espagnol échoué sur les récifs. Pour éviter le contact direct avec certains troncs je dois sauter dans l'eau. L'eau est fraîche mais la pluie tiède.