Mardi 1 avril 2008

De La Paz, trois options s'offrent à nous pour rejoindre le village de Rurrenabaque, porte de la jungle.
L'avion est hors de prix, la jeep également, c'est donc en bus que je tenterai l'expédition.
Le seul point négatif est qu'il nous faut traverser de nouveau la route de la mort et ce dans des bus peu fiables.

Le voyage commence donc à La Paz. L'attente interminable du bus qui doit m'emmener. "Il arrive dans cinq minutes" m'annonce le chef de l'agence toutes les demies heures... Depart retardé de 2 heures... Bon, apres tout je ne suis pas pressé.
Le chargement s'effectue et je suis ébahi par la quantité de marchandise que peut contenir un tel bus.
Chargement effectué et nous nous apprêtons à partir lorsqu'un détail attire mon attention... Le bus avec son chargement est plus haut que les fils électriques du croisement ! Comment faire?
Tout simplement en mettant un gars sur le toit qui a pour but de soulever à la main ses véritables lianes. Suis je bête, je n'y avais pas pensé  :-)

Quelques coups de gueule plus tard (oui dont le mien j'ai pas pu m'empecher :-) ) nous partons.
La route est sublime (cf descente de la mort)
Tout se passe bien jusqu'au premier pneu qui éclate (pile sous mon siege) alors que de ma fenetre j'aperçois le vide. Gloups. Nous continuons quand meme sans le changer de suite.
Je vous épargne le trajet angoissant avec le même pneu qui re-éclate.

Nous abordons un passage difficile entre roche et vide, il fait maintenant nuit mais la pression est palpable et personne ne dort quand le troisieme pneu côté vide éclate. On vient nous demander de tous nous asseoir du côté roche afin de soulager le pneu mort et d'éviter de basculer dans le vide... Euh... Soit ! Mais quelle galere !
23h apres le départ nous arrivons enfin sous une chaleur écrasante et après 2 dernières heures de piste tape cul.
Rurrenabaque, enfin !

Atmosphère tropicale, cette petite ville est située au bord du Rio Beni et au bord de la jungle et de la pampa. De mon lit, je contemple le rio ... quelle paix.
Voila encore un des endroits où je ne pensais rester que le temps d'une excursion (4-5 jours) et où je resterai plus de 10 jours.

Des amis d'amis arrivent, par hasard nous nous connaissons de la descente de la mort. Un groupe se forme et nous partons pour 3 jours dans la pampa.

La Pampa... Immense marais sur lequel nous évoluons en petit bateau taillé dans un tronc. La pampa se différencie de la jungle (entre autre) par le nombre impressionnant d'animaux que nous pouvons observer.
Des oiseaux par centaines, allant du petit qui marche

 quasiment sur l'eau à l'aigle solitaire et majestueux.

Des singes font bouger les branches des arbres, nous nous arrêtons un instant--Je felicite d'ailleurs Mangly notre guide qui est un des rares à ne pas nourir les animaux ni les perturber pour le simple bonheur des touristes--

Rencontre avec mon premier aligator (Juan... si si) quelques dents en moins, nourrit au riz et au pain. Ca doit faire longtemps qu'il n'a pas chassé.
Des imbéciles le carressent, le croyant faux et rient jaune lorsqu'ils le voit se jeter sur la nouriture qu'on lui donne.

Plus tard pendant la sieste, je passerai un bon quart d'heure à fixer Pedro (un aligator ! n'allez pas croire que j'ai viré ma cutille :-)). Rien ne se passe, pas un oeil ne bouge, pas une vaguelette autour, des poissons semblent le narguer en nageant autour de sa gueule... toujours rien. Quel ennui. Cet aligator me semble en mode sieste, les yeux ouverts. Je trouve un vieux fruit par terre, lui lance comme ca, les yeux dans le vague, assoupi par la chaleur et par ce spectacle immobile...
Une seconde plus tard, au moment même où le fruit touche l'eau, l'aligator se jette dessus la gueule grande ouverte, le tout dans un énorme remous et un bruit effrayant de machoires qui claquent... Je sursaute et sors de suite de mon mode veille. Wouahou, je n'ai pas d'autres mots sur le coup.
Ne jamais croire qu'un aligator dort ! ! ! Je venais donc de comprendre la technique de chasse de ces animaux. Discretion et attaque foudroyante. Brrr je ferai dorénavant plus attention en marchant sur les planches surplombant l'eau pour aller aux toilettes.

Malgré les aligators, les piranhas et tous les prédateurs, ce lieu est charmant. Nous dormons dans des cabanes au dessus de l'eau, mangeons copieusement et les hordes de moustiques semblent se délecter de mes compagnons de chambre.

Il fait chaud l'après midi. Notre guide nous emmène dans un endroit un peu plus dégagé. En chemin un bruit de respiration sors de l'eau... Un dauphiiiiiiiiiiiiiin ! :-)



Il arrête le bateau et nous invite à nous baigner. Je plonge de suite. L'eau est chaude et tres colorée. Un mètre sous l'eau et la lumière ne filtre plus.
-"Au fait Mangly, les aligators avec leurs machoires énormes?"
-"Non non il n'y en a pas ici! "
-"... Mouuuuuais ..."
-"et les piranhas qu'on voit dévorer les restes des aligators?"
-"Non non les dauphins chassent tout le monde !"
-"Mouuuuuais on va lui faire confiance"

Apres 15 minutes de baignade, nous entendons les premiers cris. Les dauphins sont toujours parmis nous et frolent certaines personnes. Je finis par m'accrocher au bateau et laisser mes jambes balantes dans l'eau. 
Au bout d'un moment, je sens quelque chose qui me touche les pieds... Surpris, je cri (non, on sait jamais c'est peut etre un aligator qui se fait passer pour un dauphin) et je laisse à nouveau mes jambes pendre. Un dauphin joue avec mes pieds :-D  Super moment ! !
Je sens même son dos sous mes pieds !
Un groupe d'israelien arrive en parlant fort, les dauphins s'enfuient, nous partons également.

La veille, nous sommes partis pour une promenade dans les marais à la recherche du fameux anaconda que nous ne verrons jamais, ce qui n'est peut etre pas plus mal pour lui d'ailleurs, car certains touristes n'ont aucun repect pour la faune.
Bouef, nous sommes équipés de bottes car nous devons traverser un marais.
Plus nous avançons dans le marais, plus l'eau monte. Arrive le moment fatidique où l'eau s'engoufre dans les bottes Slurp, nous voici maintenant vraiment dans le marais à avancer dans une eau trouble contenant aligators, anacondas et toute sorte d'animaux ou insectes dont nous ignorons meme l'existence. L'eau m'arrive à présent à l'entre-jambe. Inutile de dire que des filles nous accompagnent et sont plus petites...
On nous previent qu'il faut faire très attention à ne pas toucher les serpents avec de la crême solaire sur les mains ou de l'anti moustique, car la peau se déteriore et ils peuvent en mourir. Ok leçon retenue pour plus tard.
Nous arrivons au bosquet où se cachent certains reptiles. Tout le monde cherche. Agitation soudaine, tout le monde se masse pour voir... fausse alerte, il s'agit  juste un lézard (mais une belle bête tt de même). Peu de temps après l'agitation reprend et cette fois ci un énorne serpent est traqué. Un des guides l'attrape avec prudence et respect et là, nous assistons tous à une scène choquante. Un israelien se jette sur le guide pour lui prendre le serpent des mains pour faire une photo. Le guide refuse tant qu'il ne s'est pas lavé les mains. Le type se crache sur les mains prétendant qu'il a de la crême juste sur le cors pas sur les mains et lui prend le serpent des mains . . .
S'en suit 10 bonnes minutes de photos avec tout le groupe tout en serrant bien fort la gorge du serpent (Cobra-couleuvre).
Tout le monde est écoeuré par tant de manque de respect. Nous le fusillons tous du regard...

LA principale vertue que doit avoir le voyageur est le Respect. Viennent ensuite la curiosité, le sens de l'intégration etc...
Certains voyagent sans meme posseder l'une de ces trois vertues...
Certains voyagent sans quitter leur culture
Certains voyagent sans quitter leur langue
Certains voyagent sans quitter leur pays !

Qu'on ne me vienne pas me dire que ceux-ci voyagent ! ! !

 

 

. . . Désolé pour ce coup de gueule, mais il s'agissait là du saut d'eau qui a fait déborder ma piscine.

Nous assisterons également a un coucher de soleil magnifique et un lever encore plus magique sur la pampa...

Retour sous des trombes d'eau, nous sommes trempés des pieds à la tête, nous devons pousser le combi qui s'enfonce dans la boue. Retour à Rurrenabaque pour quelque jours de détente et ue course à l'argent, le seul distributeur refusant ma carte Credit agricole.
Promenade en moto, sieste, soirées sympas etc...


Retour à La Paz où je croiseai Eric par hasard (cf début du voyage) puis je partirai pour le lac Titicaca
Par ArnO - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
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