De La Paz, trois options s'offrent à nous pour rejoindre le village de Rurrenabaque, porte de la jungle.
L'avion est hors de prix, la jeep également, c'est donc en bus que je tenterai l'expédition.
Le seul point négatif est qu'il nous faut traverser de nouveau la route de la mort et ce dans des bus peu fiables.
Le voyage commence donc à La Paz. L'attente interminable du bus qui doit m'emmener. "Il arrive dans cinq minutes" m'annonce le chef de l'agence toutes les demies heures... Depart retardé de 2
heures... Bon, apres tout je ne suis pas pressé.
Le chargement s'effectue et je suis ébahi par la quantité de marchandise que peut contenir un tel bus.
Chargement effectué et nous nous apprêtons à partir lorsqu'un détail attire mon attention... Le bus avec son chargement est plus haut que les fils électriques du croisement ! Comment faire?
Tout simplement en mettant un gars sur le toit qui a pour but de soulever à la main ses véritables lianes. Suis je bête, je n'y avais pas pensé :-)
Quelques coups de gueule plus tard (oui dont le mien j'ai pas pu m'empecher :-) ) nous partons.
La route est sublime (cf descente de la mort)
Tout se passe bien jusqu'au premier pneu qui éclate (pile sous mon siege) alors que de ma fenetre j'aperçois le vide. Gloups. Nous continuons quand meme sans le changer de suite.
Je vous épargne le trajet angoissant avec le même pneu qui re-éclate.
Nous abordons un passage difficile entre roche et vide, il fait maintenant nuit mais la pression est palpable et personne ne dort quand
le troisieme pneu côté vide éclate. On vient nous demander de tous nous asseoir du côté roche afin de soulager le pneu mort et d'éviter de basculer dans le vide... Euh... Soit ! Mais quelle
galere !
23h apres le départ nous arrivons enfin sous une chaleur écrasante et après 2 dernières heures de piste tape cul.
Rurrenabaque, enfin !
Atmosphère tropicale, cette petite ville est située au bord du Rio Beni et au bord de la jungle et de la pampa. De mon lit, je contemple le rio ... quelle paix.
Voila encore un des endroits où je ne pensais rester que le temps d'une excursion (4-5 jours) et où je resterai plus de 10 jours.
Des amis d'amis arrivent, par hasard nous nous connaissons de la descente de la mort. Un groupe se forme et nous partons pour 3 jours dans la pampa.
La Pampa... Immense marais sur lequel nous évoluons en petit bateau taillé dans un tronc. La pampa se différencie de
la jungle (entre autre) par le nombre impressionnant d'animaux que nous pouvons observer.
Des oiseaux par centaines, allant du petit qui marche
quasiment sur l'eau à l'aigle solitaire et majestueux.
Des singes font bouger les branches des arbres, nous nous arrêtons un instant--Je felicite d'ailleurs Mangly notre guide qui est un des rares à ne pas nourir les animaux ni les perturber pour le
simple bonheur des touristes--
Rencontre avec mon premier aligator (Juan... si si) quelques dents en moins, nourrit au riz et au pain. Ca doit faire longtemps qu'il n'a pas chassé.
Des imbéciles le carressent, le croyant faux et rient jaune lorsqu'ils le voit se jeter sur la nouriture qu'on lui donne.
Plus tard pendant la sieste, je passerai un bon quart d'heure à fixer Pedro (un aligator ! n'allez pas croire que
j'ai viré ma cutille :-)). Rien ne se passe, pas un oeil ne bouge, pas une vaguelette autour, des poissons semblent le narguer en nageant autour de sa gueule... toujours rien. Quel ennui. Cet
aligator me semble en mode sieste, les yeux ouverts. Je trouve un vieux fruit par terre, lui lance comme ca, les yeux dans le vague, assoupi par la chaleur et par ce spectacle immobile...
Une seconde plus tard, au moment même où le fruit touche l'eau, l'aligator se jette dessus la gueule grande ouverte, le tout dans un énorme remous et un bruit effrayant de machoires qui
claquent... Je sursaute et sors de suite de mon mode veille. Wouahou, je n'ai pas d'autres mots sur le coup.
Ne jamais croire qu'un aligator dort ! ! ! Je venais donc de comprendre la technique de chasse de ces animaux. Discretion et attaque foudroyante. Brrr je ferai dorénavant plus attention en
marchant sur les planches surplombant l'eau pour aller aux toilettes.
Malgré les aligators, les piranhas et tous les prédateurs, ce lieu est charmant. Nous dormons dans des cabanes au dessus de l'eau, mangeons copieusement et les hordes de moustiques semblent se
délecter de mes compagnons de chambre.
Il fait chaud l'après midi. Notre guide nous emmène dans un endroit un peu plus dégagé. En chemin un bruit de respiration sors de l'eau... Un dauphiiiiiiiiiiiiiin ! :-)
. . . Désolé pour ce coup de gueule, mais il s'agissait là du saut d'eau qui a fait déborder ma piscine.