Mercredi 19 mars 2008

Bon voilà, c'était tres joli, j'ai bien fait le malin à dormir à 5000 mètres dans ces cahutes aux toits en paille sous lesquels des sacs de riz ou de sucre vides et tendus font office de faux plafonds. Maintenant j'ai mal au bide et je me reposerais bien en ville.
Potosi sera donc ma première halte.
Arrivé un samedi soir sous une pluie battante Potosi, la plus haute ville au monde se révelle particulierement peu acceuillante. Les habitants se massent dans les rues sombres du centre. Leurs expressions ne sont guère aimables et n'incitent pas à rester trop longtemps. 
Cependant il est ici une particularité à ne pas manquer. 
undefined Entrons un instant dans le ventre de la Pachamama, (Symbole féminin évoquant la Terre). Il est ici une mine encore exploitée où les méthodes sont des plus archaïques. Nous revêtons donc les habits de circonstance et faisons un saut au marché afin d'offrir quelques cadeaux aux mineurs (Feuilles de coca, boissons, cigarettes, alcool à 96%, dynamite, détonnateurs, bref tout ce qui a de plus normal :-) )
Nous nous enfonçons à présent dans les entrailles de la Terre, laissant passer des chariots plein de minerais poussés par des jeunes adolescents. 
Dans tous les coins, ca creuse, ca pioche, ca pellte (vient de "donner des coups de pelle"... à ne pas confondre), ca bourre de dynamite les trous prévus à cet effet, ca mache de la coca et ça travaille non stop, car tout le monde est payé au rendement. 
Toute cette vie sous terraine semble tranquillement supporter son fardeau, mais l'air est parfois irrespirable, saturée en poussière. Là où nous devrons sortir car insupportable, resteront les mineurs concentrés sur leur travail. 
Nous sommes assez descendus, il est temps d'emprunter tout un jeu d'échelles pour remonter dans des couloirs plus vastes, plus sécurisant. Nous ne faisons pas attention à l'heure et des déflagrations nous surprennent en pleine ascenssion. Il est midi. Les mineurs allument les mêches et ont 4 minutes pour sortir de la zone. Nous ignorons d'où viennent les explosions, mais l'échelle tremble et nous pouvons sentir le déplacement de l'air... Brrr On accèlere le pas et atteind enfin la veine principale, oufff. 
Des chariots passent encore en direction de la sortie, nous les suivons. 
Expérience assez unique.
Aux vues des méthodes de travail, certains mineurs, commençant à travailler 13 ans ne dépasseront assurement pas ... la trentaine. 
J'en ai bientot 28... Gloups 
Malgré tout, cela reste une tradition et un honneur. Leur enfants suivront leur trace quoi qu'il en soit. 
La seule assurance est le diablito (au sexe démesuré) qui leur sert de protection. Chacun le chéri et lui verse des offrandes en espérant sa protection, mais malgré cela, les accidents continuent, 
Germinal n'est pas qu'un film. 
Retour à la vie aérienne, mais les images restent et je ne veux pas oublier ce gamin de 15 ans qui ne sera plus là pour les 15 ans de son fils...

Temps de quitter Potosi apres un carnaval qui me réconcilie un peu avec la ville. Direction Sucre, ville étudiante, légère, pleine de vie, aux marchés colorés, abondants, bondés à midi, tous rassemblés autours de ces tables couvertes d'une nappe collante, mais savourant un plat unique pour un prix dérisoire. 
L'ambiance est de suite plus agréable. 
Je n'ai plus de fièvre, je vais mieux, nous sommes plus bas.

Prochaine étape: La Paz. 
Située entre 3600m et 4100m, cette ville est incroyable. On pense y rester 2 jours et on se fait haper. 
De là, je partirai pour la descente de la mort, avant de voir jouer Maradona contre le président de la Bolivie... Bref beau programme, de quoi décaller son départ pour la jungle en tout cas, non?

Par ArnO - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
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