Me revoila sur le bord de la route, à la sortie d'Ushuaia, le pouce levé. Je quitte Ushuaia après être passé saluer tout ceux qui m'ont marqués dans cette ville. C'est ainsi que je me suis
retrouvé avec la famille de Daniel (qui m'avait pris en stop jusqu'à Ushuaia), à aller faire un barbecue dans le parc national avec ces 3 adorables petits chérubins pleins de vie que j'ai gardé 15
minutes ds la voiture... J'ai bien failli y rester :-)
Ayant atteint le sud, je file donc à présent vers le nord et de nouveau Rio Gallegos pour bifurquer à l'ouest vers El Calafate puis le Chili.
Paulo, le chauffeur m'emmena jusqu'à Rio Gallegos dans un odeur louche de relants gastriques à laquelle il ne semble attacher la moindre importance... Je fis donc 350 km plus le passage des
frontières Argentinino-chiliene avec lui.

Mon but est d'arriver au Chilie dans le parc national des fameuses Torres del Paine.
Une des particularités de ces montagnes, outre ces deux superbes pics rocheux qui se dressent fièrement au dessus d'un lac de glacier, est l'inclusion granitique qui est avec le temps remontée à la
surface et qui domine aujourd'hui tout le parc en rendant l'endroit unique.
Pour ce faire, j'ai transité par El Calafate. A peine arrivé, je croise Pierre connu auparavant sur la route. Nous louerons une voiture à 4 et décidons d'aller (de nouveau) passer la nuit
en face du glacier. Cette fois ci nous nous installerons vraiment face au glacier pour dormir et après une bonne soirée à refaire le monde en japonais parait-il, nous nous endormirons bercés
par les craquements du glacier.
Un ouvrier nous réveillera sans ménagement en posant lourdement ses poutres métalliques à côté de nos duvets pour nous signaler que nous n'avons rien à faire ici. Malgré cela, je dois avouer
n'avoir jamais ouvert les yeux un matin face à un tel spectacle. Un géant vivant de 50 m de haut, tantot gris, tantot blanc ou bleu glace nous observe. Nous décidons de descendre sur les rives
prendre le maté. Par chance nous assisterons à et filmerons une rupture impressionnante... Imaginez un camion tomber du 10eme etage d'un immeuble... (videos en ligne)
Le glacier pour nous tout seul, loin des hordes de touristes... jusqu'à ce que les gardes viennent nous chercher. (Rien de méchant)
J'arrive enfin à Puerto Natales, Chilie.
Match de foot local du dimanche soir se joue sur le stade. Alors que Pato l'idole de tous est adulé, j'assiste à deux heures intimes au coeur même de l'ambiance de la ville...
De cette ville partent les excursions pour le parc naturel. J'ai laissé le plus lourd à l'auberge, j'ai ma tente, mon duvet de quoi survivre pendant 4 jours et 3 nuits et l'eau des rivières est
potable. J'attaquerai le fameux "W" (forme que fait la rando) par l'ouest découvrant le premier jour un glacier semblable au Perito, affrontant les vents du deuxieme jour de la vallee des
Frances tout en observant ce magnifique glacier suspendu (d'où l'eau potable). Le troisième jour sera celui de la dernière montée, la fameuse, la plus intéressante, celle que tout le monde fait et
pour laquelle tout le monde espère un beau soleil. Malheureusement la pluie tombe et le vent nous la projette violement sur le visage. Mon sac m'entraine en arrière et c'est plié en
avant que j'avancerai le mieux. Regardant mes pieds et pensant à autre chose. Le temps semble compromettre l'ascension de nuit pour assister au lever de soleil sur les Torres...

A 4h du matin, nos charmants camarades de camping font un vacarme d'enfer qui me fait ouvrir l'oeil, sortir la tete par la fermeture éclair de la tente Brrrr quel froid, mais... mais
j'aperçois les étoiles ! ! ! Bran le bas de combats, j'enfile toutes les épaisseurs que je trouve et entame une marche de 2h30 dans la nuit et à travers la foret. Et à 6h30, alors que j'arrive
enfin au sommet, les Torres sont eclairées par la chaude lumière du soleil... Quel Bonheur !
Descente et retour au camp de base où une bonne nuit de repos ne sera pas de trop !
Un passage de gaucho avec leur troupeau de chevaux sauvages nous émeut.
Je repars pour El Calafate. N'ayant pu mettre le blog à jour et ayant prévu un autre épisode montagneux, je repousse la mise à jour afin de vous montrer un aperçu global des trésors que
nous offre la Terre de feu, la Patagonie argentine et le Chilie.
Je me résigne à prendre un bus pour me rendre à El Chalten car la route, la fameuse route 40 n'est pas goudronnée et de ce faite la circulation des camions est nulle, ce qui reduit considérablement
mes chances d'être pris en stop.
El Chalten, petit village fantôme où les maisons sont toutes espacées de 100 mètres au moins et où le petit supermarché est à l'autre bout de la ville ce qui en soit est dejà une randonnée. Du
camping gratuit (sans services; les toilettes sont un trou dans le sol genre woua-woua; mais eau fraiche potable et abondante dans le torrent qui juxte le camping) de là partent les rando vers
le Fitz Roy. Je détiendrai certainement le record de la plus lente ascencion au sommet en quelques 10 heures. Quelques siestes au bord d'un lac et d'un cours d'eau, un repas savouré et un plongeon
dans le lac alimenté par le glacier au sommet me vaudront ce retard. Loi du hasard, je recroise l'ami Pierre qui s'apprête à monter avec son ami pour y dormir et assister au levé de soleil de là
haut.
Mon bus partant le lendemain à 9h, je me leverai à l'aube, et remonterai pendant 45 minutes à travers les forêts sombres et préparerai mon petit dejeuner du haut d'un point de vue en attendant le
lever du soleil.

Jamais un chocolat chaud avec du lait en poudre n'a été aussi bien mis en valeur.
Les couleurs dépassent toutes mes esperances. Alors qu'il est soit disant rare de voir le Fitz Roy au lever du soleil à cause d'un voile persistant, j'assiste à une explosion de couleurs, le
orange clair se fonce de plus en plus pour donner une couleur orange fluo au Fitz Roy. Je reste bouche bée et mon réveil me tire de ma revasserie. Il est l'heure de redescendre. Je remballe tout et
ferai toute la descente en courant comme un gosse qui vient d'avoir de nouvelles chaussures qui courent vite.
Je plie ma tente et me présente à 8h55 devant le bus !
J'ai adoré ces paysages de montagnes, ces levés de soleil apres une rando nocturne, ces tête à tête privilégiés avec des lieux normallement fréquentés par les touristes. Ce dernier mois était
vraiment riche en surprises, en spectacles, en imprévus qui se transforment en chances inouïes. En choses simples de la vie, un bon plat de pâtes tout juste cuites après un long effort, le
rafraîchissement d'un lac de montagne alors que la chaleur et l'effort nous écrasent...
Bref amateurs de rando et de montagne, je vous avais prévenu, ceci est pour vous. Et si vous hésitez encore sur vos prochaines vacances, je vous répondrai prenez au moins 3 semaines si vous pouvez
et venez en Terre de feu, vous ne le regretterez jamais ! ! !
A présent, changement de décors, je remonte vers le nord. La température monte, des odeurs de printemps apparaissent.
Ce bus m'emmenera d'ici quelque 36h á Bariloche, dans la région des lacs.
Quel bonheur de voyager ! !
Je vous embrasse tous bien fort et désolé pour tous les anniversaires souhaités en retard ou complêtement ratés.